La transformation digitale de la gestion des contentieux reste encore à la marge.
L’innovation a encore du mal à s’épanouir pleinement au sein des directions juridiques. Elles ont pourtant tout à gagner des nouvelles technologies et des avancées portées par le numérique. Toutefois, des projets se mettent en place et concernent notamment l’archivage, la gestion de données et l’établissement de nouveaux contrats.
Pourtant le digital offre des perspectives intéressantes qui permettraient aux entreprises de gagner en efficacité et perspicacité sur ce terrain. Le frein à une digitalisation plus rapide ? Les entreprises ont très certainement des difficultés à analyser et traiter les quantités de données qu’elles possèdent en interne. Et leur incapacité à s’organiser autour du digital mais également dans la crainte liée à la sécurisation des données.

Le Big data au service des contentieux
Le digital promet aux directions juridiques un gain de temps et de productivité certain. Il offre les outils permettant aux  collaborateurs de déléguer aux nouvelles technologies les tâches répétitives, à faible valeur ajoutée ; Pour se concentrer sur les questions plus complexes et de répondre plus rapidement aux besoins des clients.

La digitalisation permet de sécuriser ces tâches juridiques répétitives qui sont néanmoins  indispensables à la conformité des dossiers.

Lorsque l’on interroge les justiciables sur la qualité des professionnels du droit avec lesquels ils travaillent, reviennent inlassablement les questions de lenteur. Lenteur de la justice, lenteur de leurs avocats, manque de transparence dans les procédures et d’information préalable … La digitalisation permet de résoudre ces difficultés et a un véritable impact sur la vitesse d’exécution. L’intranet, les réseaux sociaux, les outils numériques permettent de faire circuler la parole rapidement. Aussi bien entre les équipes juridiques qu’auprès de la clientèle.

C’est d’autant plus vrai dans la gestion des contentieux qui pourrait profiter pleinement des avancées de la Big Data.
Chaque directeur juridique a en mémoire plusieurs cas de dossiers contentieux qui auraient pu être évités grâce à une meilleure gestion de l’information existante.

En outre, des données pertinentes permettraient bien souvent d’affiner une stratégie contentieuse. Une analyse fine de la jurisprudence est souvent indispensable dans le traitement dans certains dossiers contentieux. Les outils du Big Data permettent de traiter et d’analyser les décisions judiciaires déjà rendues, au service des directions juridiques.

Selon une récente étude réalisée par Eight Advisory« Stratégie contentieuse : quel apport du digital et du big data pour les directeurs juridiques ? »,  les juristes attendent du Big Data qu’il les aident lors d’une rupture brutale de contrat, en matière de concurrence déloyale et de propriété intellectuelle.

A l’instar des entreprises, les directions juridiques et les cabinets d’avocats doivent penser en termes d’avantage client et de satisfaction. A l’heure de la LegalTech, les seules compétences juridiques ne suffisent plus et les professionnels sont invités  à utiliser des outils conçus pour améliorer le parcours client : guide d’informations, espace dématérialisé, chatbots, applications mobiles …

Si la digitalisation n’a plus à convaincre, se pose plus que jamais la question du coût pour les acteurs du secteur. Mais également la problématique conséquente de la sécurité des données. Centralisation, piratage, hacking … sont des préoccupations réelles pour les juristes et leurs directions.

Le nouvel enjeu des directions juridiques ne sera bientôt plus celui de la digitalisation de leurs activités mais bien de la sécurisation de celles-ci.